• Mary And Max - Un film pas comme les autres

    "Mary et Max", un film que j'ai découvert par hasard. Un jour mon père nous annonce qu'il a trouvé un DA qui ressemble à du Wallace et Gromitt (mais san l'avoir visionné). Je lance le DVD et découvre un film en noir&blanc/sépia, avec pour seule couleur du rouge (oui comme dans "La Liste de Schindler"): un pompon et les langues des personnages. Ma première expérience de ce film m'avait laissée perplexe, étonnée et parfois bouleversée. Puis je l'ai visionné une seconde fois, puis une troisième, une quatrième; je me suis renseignée un peu sur le film par la suite et j'ai découvert qu'il s'inspirait d'une histoire vraie. Et le sujet dont traite le film me touche énormément. Je vais donc vous parler avec le cœur de ce film extraordinaire, sortit en 2009:

    Mary And Max - Un film pas comme les autres

     

    Tout commence dans une petite banlieue quelque part en Australie dans un univers sépia. C'est dans une petite maison que nous rencontrons Mary, une petite fille de 8 ans, sa mère qui abuse du Sherry et son père taxidermiste spécialisé dans les oiseaux. En allant à la poste, elle choisit au hasard dans l'annuaire "Max Horowitz" de New York et commence à lui écrire un lettre. Dans le colis, elle ajoute quelques dessins et du chocolat.  

     

    Dans un univers noir&blanc, nous rencontrons Max, un homme de 40 ans. Il vit seul dans un appartement, avec son poisson Henri, un chat borgne et un ami imaginaire, Mr Macaroni. Il souffre d'obésité et va régulièrement aux "hyperphages anonymes" et se sent mal à l'aise car une dame de ce club lui fait des avances (clin d’œil, etc). Il fait une crise d'angoisse lorsqu'il lit la lettre de Mary mais lui répond tout de même (sur un fond musical tellement prenant, écoutez une fois en fermant les yeux, que du bonheur). 

     

    Mary reçoit la réponse de Max et est heureuse. Elle a quelqu'un à qui parler et à qui raconter sa vie d'enfant. Au fil des lettres, ils se répondent et nous découvrons ainsi ce que vivent Mary et Max au quotidien. Mary va envoyer un pompon rouge à Max et ce dernier va le fixer sur sa kippa. Il est de religion juive mais ne croit plus en Dieu car il a lu des tas d'ouvrages sur le sujet. 

    Mary And Max - Un film pas comme les autres

    Une fois, la mère de Mary tombe sur une lettre de Max. Ce qu'il y raconte n'est pas bien pour une enfant de 8 ans d'après elle et jette la lettre à la poubelle. Bien heureusement, Ethel le coq de compagnie de Mary, récupère la lettre et la lui donne. Au fil des lettres et des chocolats envoyés d'un continent à l'autre, Mary et Max font connaissance. Au bout d'un moment, nous voyons que Max fait une crise (d'angoisse?) et est interné. Il est diagnostiqué atteint du Syndrôme d'Asperger (dans le film ils prononcent "asperjé"), une nouvelle maladie mentale découverte dans les années 70. Et c'est là que le film me touche. Car une personne chère à mon cœur en est atteinte (pas autant que ce cher Max) au niveau le plus bas de la maladie. Mais je continue l'histoire du film, je parlerais de la maladie juste après :)

     

    Mary And Max - Un film pas comme les autres

    Mary grandit, rencontre l'amour, devient orpheline et se marie. Elle fait des études sur la maladie de Max et espère, qu'un jour, il y aie un remède. Elle écrit un livre à ce sujet et envoi son premier exemplaire à celui qui l'a inspirée: Max. 

    Ce dernier voit rouge et jette le livre par la fenêtre. Il refuse de lui écrire tout un temps. 

    Le mari de Mary, Damian Popodopoulos, la quitte pour un homme. Déprimée et ,sans le savoir, enceinte de Damian, Mary tente de se suicider (sur un fond de "Que sera sera", cette scène m'a juste fait pleurer) mais son voisin cul-de-jatte agoraphobe sonne à sa porte et l'arrête dans son geste. Il lui tend un colis remplit de figurines qu'elle rêvait d'avoir étant petite. L'expéditeur est son ami Max, qui lui pardonne.

    Le bébé est né et Mary embarque pour New York. Elle va enfin rencontrer son ami et pouvoir discuter avec lui de vive voix. Elle toque à la porte...

    "Max?"

    Elle insiste et ouvre elle-même la porte.

    "Maaax? C'est moi Mary. Je..."

    Max est bien là, assis dans son canapé, son regard vide fixe le plafond. Max est mort. Mary s'assied à côté de lui et regarde à son tour le plafond. Toute les lettres qu'elle lui a envoyé y sont accrochées. Max les lisait lorsque la mort est venue le chercher. Le film se termine sur cette scène touchante qui vous fera verser votre petite larme (des grosses pour moi^^). 

     

    Alors pourquoi ce film m'a touchée?

    Comme je l'ai dit plus haut, une personne chère à mon cœur est atteint de ce syndrôme et ce film permettrait aux gens de mieux comprendre cette maladie, ce que les gens atteints vivent au fond d'eux et le regard que nous leur portons. 

    Le Syndrôme d'Asperger?

    Max est dans un niveau avancé de la maladie (balancement du tronc pour se rassurer, crise d’angoisse, manie de trier, d'avoir sa vie quotidienne ritualisée, etc) qui se rapproche de l'autisme. D'ailleurs, le Syndrôme d'Asperger est une sorte d'autisme fortement ciblé sur le social.

    On naît Aspie, on ne le devient pas. Cela est transmissible génétiquement (1 "chance" sur 5 et c'est un gène récessif. Une personne ayant le "gène" peut être porteur sans avoir la maladie déclarée. Il y a différents niveaux, mais je ne suis pas psychologue alors je ne saurais vous énoncer chaque stade et ses comportements. je vous conseille de vous renseigner soit sur le net (Asperger expliqué sur un site français dédié à l'autisme ou Aspergeraide, un site bien conçu pour comprendre la maladie ) soit vous procurer le livre de Tony Atwood "Le syndrôme d'Asperger". J'ai lu ce dernier et cela m'a éclairé sur les comportements de la personne que je connais. Cela m'a aidée également à anticiper ces comportements et quelques fois à le faire changer (pas de force, mais avec l'habitude, des petits trucs de temps en temps). 

    Que faire lorsque nous rencontrons un Aspie?

    Je n'ai pas la science infuse, mais je peux, en toute connaissance de cause, vous donner quelques conseils (et je serais ravie d'en recevoir de votre part).

    Ne le traitez pas comme un enfant, comme un imbécile, comme un arriéré mental. Et surtout, soyez patients. S'il vous parle d'un sujet (par exemple les dinosaures) et que vous voyez qu'il revient beaucoup sur le sujet, parlez-en avec lui, montrez-lui de l'intérêt ( même si au fond vous n'aimez pas trop, mais vous n'imaginez pas le plaisir que vous leur offrez). Certains ont un type d'humour particulier, qui ne correspond quelques fois pas à notre humour. Riez quand même (des fois je dis à ma connaissance que ce n'est pas drôle, et il ne se vexe pas). Et justement, ne vous vexez pas non plus lorsqu'il vous dira des choses... je vais pas dire dérangeante mais prenons un exemple qui illustrera mieux ce que je veux dire. 

    Je suis ronde et une fois j'ai mis un T-shirt qui me serrais beaucoup. Et bien ma connaissance Aspie ma fait, sans méchanceté, la remarque que je ressemblais à du boudin ficelé. 

    Vexant, certes, mais il ne faut pas se formaliser. La notion de "faux-cul" est débile à ses yeux. Pour lui, quand on pense quelque chose, il faut le dire (ce qui peut être embarrassant dans certains cas). Mais faut VRAIMENT PAS se vexer ;) 

    Un dernier mot pour la fin?

    Sur ce, j'arrive à la fin de cette énorme tartine et je vous souhaite de voir ce film. Et, en bien ou en mal, vous changerez d'avis sur les Aspies.

    A pluch'

     

    « Top 5 des Google Doodles interactifsEt qwè chale? Septembre 2014 »

  • Commentaires

    1
    Jeudi 4 Septembre 2014 à 22:34

    Très bon article =) Personnellement j'ai jamais réussi à aller jusqu'au bout du dessin animé vu que ce genre d'animation me rend trop mal a l'aise (et comme je suis pas maso, je regarde pas ^^), de même que l'animation du magasin des suicides, qui pourtant est très bien avec une histoire que j'adore. Bref. J'aime bien l'idée qu'on parle des handicaps de façon populaire pour instruire les gens, même si je trouve les faits un peu plus complexe que "je suis malade mais je suis gentil, aimez-moi pour ce que je suis". Après le ColorPoint n'est pas une technique hyper originale (et me rappeler la Liste de Shindler est une mauvaise idée ) mais peut marcher dans certains cas et bizarrement je n'avais même pas fait attention a l'univers graphique du dessin animé (trop perturbée par la "laideur" de la technique surement (c'est subjectif) ).

    Voila, ton article est très bon, j'ai prit beaucoup de plaisir à le lire, mais comme tu le sais j'aime venir étaler ma merde cynique ;)

    (sinon y a pleins de films qui parlent de maladies mentales qui sont géniaux, faudrait que je les retrouve... je posterait un commentaire avec les titres =) )

    2
    Mercredi 22 Avril 2015 à 16:09

    J'attend toujours ta liste de films xDD

    Sinon pour ceux et celles qui souhaiteraient voir des films qui parlent de nouveau de l'autisme et du syndrôme d'Asperger, il y a le très bon film flamand "Ben X"; un autre avec Dustin Hoffman et Tom Cruise "Rain Man" ainsi que le film touchant de Tom Hanks "Forrest Gump".


    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :